05.06.2007

Boulots napolitains

Le marché de l'emploi à Naples est assez particulier. Il y a beaucoup de chomage et il est dur de trouver un bon travail spécifique à vos études, de même qu'un stage. Certains râleurs vous diront que c'est surtout parce que les napolitains n'aiment pas travailler. Or ça ne semble pas être le cas quand on voit la débrouillardise dont ils savent faire preuve : on voit souvent des petits camions silloner les rues des quartiers pour vendre des fruits et légumes, de la mozzarella, de la provola, ou bien encore des olives (service à domicile donc). Là où ils sont forts, c'est pour vendre des choses moins banales : certains font des offres en parlant au mégaphone (souvent de bonne heure, tant pis pour la grasse matinée !) pour vendre 5 paires de chaussettes à 1 euro, ou des peluches qui chantent à 2 euros. Et ça marche, les habitants font la queue pour profiter de l'offre !

Un autre métier beaucoup plus répandu à Naples est "ragazzo". Ce terme signifie jeune homme, et le travail consiste à aider un petit commerce, ou un bar. Par exemple, le ragazzo d'un bar va livrer le café tout chaud à domicile ou dans les autres commerces (on en voit même dans les musées pour servir les surveillants). Ce service est généralement gratuit, mais il est courant de donner la mancia (pourboire) en plus de payer la facture.
Ragazzo dans une salumeria (charcuterie) aura pour but d'aider dans le travail quotidien (couper le jambon comme le salumiere) et de faire les livraisons chez les clients : le matin on arpente les rues du quartier en sonnant chez les gens aux interphones pour prendre les commandes, et ensuite les livrer. La mancia donnée fluctue en fonction de l'étage, du poids de la livraison et d'autres petits services rendus à côté (acheter des cigarettes par exemple). Une livraison dans un basso (maison donnant directement sur la rue) de 100 gr de jambon ne sera pas récompensée de la même manière que trois sacs, un pack d'eau, un paquet de cigarettes et un jeu de grattage, le tout au sixième étage sans ascenceur ! Concernant le salaire, c'est moins payé qu'en France.
Les inconvénients sont qu'on ne peut pas avoir un salaire aussi bon qu'un travail classique, que l'on travaille beaucoup (6 jours par semaine, avec souvent une demi-journée de congé), et que c'est assez fatiguant de marcher et de grimper les escaliers (mais ça fait les muscles).
Les avantages sont que même si l'on travaille beaucoup, on peut travailler plus tranquillement, se prendre quelques minutes pour se poser, la pression se ressent beaucoup moins, et l'on peut prendre le temps de discuter avec les clients du magasin, et avec ceux que l'on livre (qui apprécient de voir quelqu'un chez eux, surtout les personnes agées). De plus, si vous êtes étranger, rien de tel pour apprendre la langue !

Commentaires

Ben moi je connais un ragazzo qui ne connaissait pas un mot d'italien avant d'arriver à Naples ! Et ben, maintenant, je me demande même s'il ne jure pas comme un charretier napolitain !!!! (ou plus actuel, un conducteur de vespa napolitain). Et tout ça, au bout de six mois .... ;-))

Ecrit par : Nicolote | 05.06.2007

Écrire un commentaire